Introduction
L’humanité n’a jamais consommé autant de poisson qu’aujourd’hui et la demande devrait continuer de croître. Or, « la pêche est la première activité humaine pour laquelle nous avons atteint le plafond de ce que la planète pouvait offrir« . Cette déclaration de Raphaël Seguin, chargé de projets à l’ONG environnementale BLOOM 1, sonne comme un cri d’alarme. Et pour cause, depuis son avènement à la fin du XIXe siècle, la pêche industrielle a provoqué d’énormes dégâts aux biotopes marins, accru les inégalités Nord-Sud et a été instrumentalisée au gré des stratégies géopolitiques.
Globalement, les captures mondiales de poissons (marines et continentales) varient entre quatre-vingt et nonante-trois millions de tonnes par an et ce chiffre double si l’on y additionne les poissons issus de l’aquaculture. Après une croissance fulgurante au lendemain de la Seconde guerre mondiale, il semblerait que nous soyons proches d’un « pic » de poisson, c’est-à-dire que l’industrie de la pêche ne parvient pas à augmenter ses niveaux de captures malgré des navires de plus en plus puissants et un allongement du temps passé en mer. Quant à l’aquaculture, le secteur pourrait être arrivé à un niveau proche du maximum de ses capacités. Une situation qui s’oppose aux impératifs de croissance qui régissent le secteur de la pêche industrielle. En ce sens, le secteur de la pêche industrielle constituerait-il un cas d’école de décroissance subie ?