Analyse Publié en janvier 2020

Les magasins coopératifs et participatifs ne sont pas une solution à la précarité alimentaire à moins que…

Analyse · Sociétés & Environnement · N°396
Les magasins coopératifs et participatifs ne sont pas une solution à la précarité alimentaire à moins que…

« Notre assiette témoigne d’une image du monde » 1. C’est ce que déclare le professeur François Collart Dutilleul quand il développe le lien éminemment étroit entre le contenu de notre plat et le monde tel que l’on souhaite le voir. L’idée étant entre autre de pointer la nécessité de relocaliser son alimentation pour le bien de tous, au Sud comme au Nord de la planète.
Pour y arriver, il encourage le développement de projets de démocratie alimentaire et nous considérons – au CPCP – que les magasins participatifs et coopératifs font partie de ces types projets à encourager. 2
Au sein de l’équipe d’animateurs en éducation permanente, au CPCP, la question se pose toutefois de l’adéquation de cette initiative à la précarité alimentaire des publics fragilisés avec qui nous travaillons. Car, ce n’est un scoop pour personne, nos assiettes témoignent aussi d’une image de notre société. Et l’on s’interrogera d’ailleurs sur la place des précarisés dans ce projet coopératif.
Nos rencontres autour de ce questionnement nous ont enjoint à examiner le contenu de ces assiettes ; plus particulièrement ce qu’il coûte. Mais cette analyse ne serait que partielle si l’on passait sous silence les fantasmes quant à la manière de manger des personnes les plus démunies dans la partie franco-phone du pays. Des fantasmes dus en partie à une méconnaissance des freins que vit le public précarisé pour accéder à une alimentation saine.
Alors, si les magasins participatifs et coopératifs sont un bel exemple de ce que la société en transition est capable de créer, l’on s’interroge : sont-ils aussi un exemple de transition juste ?