Aborder conjointement la question de la décroissance et celle du droit à l’alimentation peut paraître absurde.
Si la décroissance c’est produire moins , pourquoi l’envisager comme solution alors qu’en 2021, 10 % de la population mondiale, soit huit cent vingt-huit millions de personnes, souffraient de la faim dans le monde ?
Oserions-nous alors poser la question inverse : la croissance économique permet-elle d’assurer le droit à l’alimentation à toutes et tous dans le monde et, plus particulièrement, en Belgique ? Si l’on considère les chiffres de la faim et ceux de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) selon lesquels, près d’un tiers de la nourriture produite serait gaspillée, nous sommes plutôt sceptiques.
Nous débuterons donc cette analyse par un état des lieux de la situation alimentaire belge : obésité, malnutrition et précarité alimentaire, dommages collatéraux de notre société capitaliste.
Nous poursuivrons ensuite par un chapitre sur les liens entre croissance, décroissance et système alimentaire.
Nous clôturerons par un zoom sur une piste de solution, la sécurité sociale de l’alimentation, un concept qui commence à faire du bruit au sein du milieu associatif et militant et qui consiste à créer une huitième branche à la sécurité sociale, l’alimentation, en vue de résoudre différents problèmes sociaux, économiques et environnementaux qui lui sont liés, principalement l’accessibilité à une alimentation de qualité pour toutes et tous, un droit encore loin d’être assuré dans notre pays.