Analyse Publié en Juillet 2024

La grossophobie, une discrimination peu (re)connue

Douze lettres au Scrabble ne suffisent pas à gagner la partie

MK
Maïa Kaïss
Cultures, Violences & Institutions
Analyse · Cultures, Violences & Institutions · N°461
La grossophobie, une discrimination peu (re)connue

Introduction

C’est au cœur des rencontres « Éducation Permanente » dans une association bruxelloise, au cours desquelles nous interrogeons les questions liées à la discrimination, que nous avons pu nous rendre compte de la méconnaissance du terme « grossophobie ». Allons même un pas plus loin : nous avons pu prendre la mesure de l’ignorance pour certain·es qu’une discrimination pouvait s’opérer sur des éléments aussi visibles que ceux de la grosseur.


« Pas d’emploi parce qu’on est gros ? Je n’ai jamais entendu ça. Pour les noirs, les arabes, les femmes voilées oui, mais parce qu’on est gros ?« 


C’est à partir de cette réalité que nous avons compris l’urgence ! Il était selon nous, selon les femmes avec lesquelles nous travaillons aussi, nécessaire de permettre aux discriminations à l’égard du poids de prendre leur place sur la scène publique. Comme deux compagnons inséparables le poids et les discriminations doivent pouvoir se faire entendre d’une même voix.

En effet, « Le poids est, aujourd’hui, une donnée qui nous définit. Il est mentionné sur les faire-part de naissance, comme s’il faisait partie de l’identité du nouveau-né » , il est donc essentiel de pouvoir le faire exister au-delà de sa (prétendue) réalité en kilogrammes. S’il prend autant de place dans la sphère publique, on imagine aisément que les dérives qui lui sont associées puissent peser aussi lourd.

Méthode

Il est entendu que cette analyse n’est pas une « ode à l’obésité », nous le verrons. Encore moins le reflet d’un certain universalisme du corps gros. Par ailleurs, il est intéressant de comprendre la construction sociale du « corps gros ». Être gros reste aussi une histoire individuelle et c’est à prendre en compte lorsqu’on parle de lui.

Dans ce contexte, notre article vise à mettre en lumière les zones éventuelles d’inconforts et parfois, même souvent, d’injustices que rencontrent certaines personnes grosses dans leur parcours. Et dans le même temps de rendre visible l’invisible.