Revue Publié en Septembre 2026

Revue – Tumult #4 L’extrême droite

La comprendre, la débusquer, y résister

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Cultures, Violences & Institutions
Revue · Cultures, Violences & Institutions · N°4
Revue – Tumult #4 L’extrême droite

Introduction

Qu’est-ce que l’extrême droite aujourd’hui ? Comment reconnaître ses discours derrière les promesses de sécurité, d’identité ou de « bon sens » ? Pourquoi ses idées gagnent-elles du terrain dans nos sociétés et que révèlent-elles de nos peurs, de nos colères et de nos fractures politiques ?

Des formes fascistes et nazies à ses expressions contemporaines plus lissées, l’extrême droite évolue, se transforme et s’adapte à son époque. Derrière les discours nationalistes, anti-immigration ou autoritaires, ce sont pourtant les mêmes logiques d’exclusion, d’inégalités et de remise en cause des droits démocratiques qui persistent.

Comment ces mouvements utilisent-ils les médias, les réseaux sociaux ou les élections pour diffuser leurs idées ? Pourquoi trouvent-ils des relais dans les sphères économiques, culturelles ou technologiques ? Et surtout : comment comprendre, déconstruire et combattre ces idéologies aujourd’hui ?

C’est à ces questions que ce numéro tente de répondre.

Editorial

Faire résistance commune.

Le thème de cette revue 2026 n’est pas un choix. Il s’est imposé à nous, devenant l’occasion de porter un acte de résistance en échos à tant d’autres.

Alors que la citoyenneté est le cœur de l’action de notre ASBL, écrire sur l’extrême droite était une évidence. Nous devions écrire à propos de cette menace brune qui pèse chaque mois davantage et qui contrevient à toutes les luttes auxquelles Citoyenneté et participation s’associe (décoloniale, féministe,anti-patriarcale). Alors, ici, nous avons fait le choix de mobiliser notre méthodologie d’écriture et d’en faire un objet de résistance. Tout d’abord enquêter, démocratiser l’information. Puis analyser ces préoccupations citoyennes au crible d’un contexte politique plus large, pour enfin ouvrir des perspectives.

Quand la troupe de comédiens à l’origine de la pièce Et un matin tout était en flammes, nous interroge : « Si on n’est pas antifascistes, on est quoi ? », la question marque, la réponse s’impose. Dans la salle en tout cas.

Car il semblerait que bien des définitions ne soient plus si évidentes. Quantité de mots auraient comme muté, leur signification se serait même purement inversée. C’est donc cette résistance-ci que nous mènerons : nous préoccuper dans cette revue de soigner les mots, les concepts, redonner la priorité au sens et recentrer notre attention sur l’importance d’avoir en partage une juste définition des choses. Bien avant nous, Victor Klemperer dans La langue du IIIe Reich s’inquiétait : « Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelque temps l’effet toxique se fait sentir. »

Cette résistance est la nôtre, une infinité d’autres initiatives sont possibles et essentielles.

Il n’est pas de résistance négligeable dans ce contexte, elles font communauté.

Nadège Buquet
Directrice générale de Citoyenneté & Participation

Illustrations : Maïa Kaïss

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