Introduction
Le dos et la nuque courbés, un rapetissement du cerveau, des bras en angle droit pour faciliter la prise d’un smartphone ou encore une deuxième paupière pour faire face à l’impact supposé de la lumière bleue de nos écrans sur nos yeux, telles seraient les évolutions corporelles prévues pour les humains dans mille ans, selon TollFree Forwarding, un opérateur de téléphonie . En 2012 également une projection de l’être humain du futur le dotait d’un plus petit cerveau, car compensé par les ordinateurs .
L’omniprésence grandissante des écrans dans nos vies est certaine. Le nombre d’appareils connectés par foyer ne fait qu’augmenter. En Europe de l’ouest, le nombre moyen d’appareils connectés par personne était de 5.6 en 2018 et est passé à 9.4 en 2023 . Mais cette « course du tout au numérique » va-t-elle faire de nous des êtres difformes tels que le prévoient ces projections fantasques ? Probablement pas, mais ces dernières semblent mettre le doigt sur des inquiétudes et craintes partagées par nombre d’entre nous : nos écrans impacteraient notre santé.
Qu’en est-il réellement ?
Avons-nous des raisons de nous inquiéter des conséquences que peuvent avoir nos compagnons tactiles sur notre santé ou tombons-nous plutôt dans une panique injustifiée ?
L’objectif de cette analyse sera de revenir sur différents impacts supposés des écrans sur notre santé, souvent pointés par le public de nos animations d’éducation permanente, et de les analyser. Dans un premier temps, nous nous intéresserons aux effets directs et indirects des écrans, concernant notre santé physique et mentale. Dans un deuxième temps, nous questionnerons la notion « d’addiction aux écrans » souvent mobilisée par les publics que nous rencontrons dans nos ateliers d’éducation permanente, et entendue plus largement dans les discours médiatiques et quotidiens. Enfin, dans un troisième temps, nous discuterons des éléments sociaux et économiques liés à notre consommation contemporaine des écrans et, plus largement, du numérique.