Introduction
Le camp de l’état de droit et de la liberté contre le camp du populisme et des extrêmes (qu’ils soient de gauche ou de droite) ? L’opposition entre libéralisme et illibéralisme donne à voir le monde politique de façon assez simple et binaire au moment même où il nous apparaît de plus en plus complexe et sens dessus dessous. Cette opposition masque surtout les racines profondes de la montée de l’extrême droite en Europe ainsi que les liaisons ambiguës et intestines qu’elle a entretenu et qu’elle entretient encore avec les régimes dits (néo-)libéraux.

Cet article donne à voir le libéralisme comme une arme culturelle indispensable pour justifier une société de marché minée par ses contradictions internes. Il interroge comment, de ces contradictions, naissent et prospèrent des formes politiques réactionnaires et autoritaires. Pour cela, trois concepts propres à l’histoire du libéralisme seront tour à tour analysés : l’état d’exception (ou d’urgence), le libéralisme autoritaire et le néolibéralisme.
Citation clé
Pour les néolibéraux, (…) si le marché est faillible, c’est avant tout parce que l’être humain est faillible. S’appuyant sur un darwinisme social détourné, les néolibéraux réinterprètent la contrainte d’adaptation des espèces à leur environnement comme une obligation d’adaptation des humains au marché ouvert et mondialisé.
Lancer le débat autour de vous
Le libéralisme peut-il faire barrière à la montée de l’extrême droite ?
Cette analyse fait partie des contributions de la revue Tumult #4 consacrée à l’extrême droite.
Illustrations : Maïa Kaïss