Selon le biologiste Olivier Hamant, il est urgent que l’humain abandonne le mode de fonctionnement lié à la performance qui est aujourd’hui à la base des sociétés industrialisées, pour basculer vers celui de la robustesse. Pour lui, il s’agit, avec la coopération et la circularité, d’un des trois principes fondamentaux à l’œuvre dans le Vivant, dont l’humain devrait s’inspirer et qui peut s’expliquer comme suit : « Au cours de l’évolution ont été sélectionnées des stratégies qui permettent aux systèmes vivants d’acquérir une certaine stabilité malgré les fluctuations environnementales« , stratégies qui se construisent justement à l’opposé de la performance : elles émergent de « la variabilité, de l’hétérogénéité, de la lenteur, des délais, des erreurs, de l’aléatoire, des redondances, des incohérences« .
Face aux crises qui se multiplient, le biologiste appelle non pas à une transition ou à une bifurcation, mais bien à une inversion :
« Là-dessus, je suis assez radical. […] Et je prends souvent l’exemple du temps et de la matière : jusqu’à présent, on utilisait de la matière pour gagner du temps (on brûlait du pétrole pour prendre l’avion, des métaux pour télécharger des films via la 5G, etc.). À l’avenir, il faudra utiliser le temps pour préserver la matière. On peut faire pousser des plantes et, avec le carbone qu’elles auront fixé, fabriquer des matériaux recyclables. Quant aux ingénieurs du futur, ils devront faire l’inverse de ce qu’on fait aujourd’hui : des objets simples, réparables localement, qui favorisent l’autonomie technique des citoyens« .